Croissance soutenue et développement soutenue de l'Afrique

Écrit par  samedi, 13 juillet 2013 16:05
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Avec un milliards d’habitants répartis dans 54 pays, le commerce intra-africain peut contribuer à une croissance soutenue et au développement en Afrique. Pour cela, il faut libérer le dynamisme du secteur privé et adopter une approche de l’intégration fondée sur le «régionalisme développementiste».

Commerce intra-africain: libérer le dynamisme du secteur privé», c’est le titre du Rapport 2013 de la CNUCED publié avant-hier jeudi 11 juillet 2013. Occasion pour Mme Bneswaree Bolaky du Secrétariat de la CNUCED à Genève (Suisse) qui a présenté ce document à Dakar, d’inviter, en plus de libérer le dynamisme du secteur privé, à adopter une approche de l’intégration fondée sur le développement dénommé dans le document sous le vocable de «régionalisme développementiste».

 

A l’en croire, l’accélération du commerce intra-africain dépendra beaucoup de ses six recommandations majeures. Il s’agit de la capacité des pays africains de promouvoir l’entreprenariat et de renforcer les capacités d’offre, notamment investir dans les infrastructures en ce sens que «la médiocrité des infrastructures africaines réduit la productivité des entreprises de 40 % et le produit par habitant, d’environ 2 %».

 

Aussi faudrait-il «instituer un mécanisme crédible de dialogue entre l’État et les entreprises, de créer des chaînes de valeurs régionales». Il y a aussi l’aptitude de nos pays à «appliquer les accords régionaux existants, à repenser leur approche de l’intégration régionale et maintenir la paix et la sécurité». A son avis, «les communautés économiques régionales africaines réalisent généralement une partie importante de leurs échanges intra-africains au sein de leur propre bloc commercial régional à l’exception de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest», a-t-elle dit, conseillant les pays à «redoubler d’efforts pour réduire les doubles appartenances à des communautés économiques régionales».

 

Toujours dans le volet «Renforcer l’application des accords commerciaux régionaux existants», le rapport souligne un «leadership» de la part de quatre grands pays africains et les pays dotés d’abondantes ressources que sont l’Algérie, l’Egypte, le Nigeria et l’Afrique du Sud qui à eux seule représentent plus de 65% du Produit intérieur brut (PIB).

11,3 % du commerce africain
Dès lors, il est recommandé qu’ils envisagent «d’affecter un petit pourcentage des revenus qu’ils tirent soit du commerce régional, soit de l’exploitation de leurs ressources, au développement d’infrastructures régionales et également au financement d’un fonds d’intégration qui servira à renforcer les capacités d’offre dans les petits pays africains risquant d’être pénalisés à court terme par l’intégration régionale».

 

Selon la représentante de la CNUCED, le montant total du commerce intra-africain a atteint 130,1 milliards de dollars en 2011, soit 11,3 % du montant total du commerce africain qui ne représente encore qu’une très faible part du commerce mondial. L’importance du commerce intra-africain varie sensiblement d’un pays à l’autre.

C’est pourquoi il faut «rendre le financement plus accessible et moins onéreux». «Seulement environ 23 % des entreprises Africaines ont obtenu des prêts ou des lignes de crédit, comparativement à 46 % dans les pays en développement non africains (Beck et al. 2011). Les banques africaines appliquent aux PME des taux d’intérêt de 5 à 6 % plus élevés que dans les autres régions en développement (Martinez Peria, 2009)».

 

Six commandements pour s’en sortir

Mme Bneswaree Bolaky qui milite pour que les pays favorisent le «régionalisme développementiste» en Afrique, liste les principaux outils et éléments moteurs à savoir «un modèle d’intégration fondé sur le développement qui offre les mêmes avantages que l’intégration régionale traditionnelle mais veille en plus à en faire profiter tous les pays membres et qui cherche à renforcer l’intégration de ces pays dans les marchés mondiaux pour favoriser le développement durable»

 

S’y ajoutent une ouverture progressive et ordonnée des marchés, une politique industrielle, la création de couloirs de développement en Afrique et des zones économiques spéciales qui «peuvent prendre différentes formes selon l’objectif recherché: zones franches industrielles, zones de libre-échange, zones d’entreprises et ports francs, notamment. L’île Maurice en Afrique est un exemple d’une Zone Franche Industrielle à succès», a-t-elle noté.

 

Suffisant pour que Moubarack Lo, Directeur de Cabinet du Président de la République, retienne comme message clé du rapport, qu’ « il faut renforcer le secteur privé africain en même temps essayer de développer les entreprises sous régionales, lever les barrières tarifaires et non tarifaires en créant un marché unique avec des entreprises agréées à vendre dans les autres pays (exemple de l’UEMOA). » C’est, selon M. Lô, «Un travail qu’il faut saluer parce que si le Sénégal a pu doubler sa part du commerce dans le commerce intra-africain c’est parce qu’on a levé les barrières au sein de l’UEMOA en créant un marché unique avec des entreprises agréées à vendre dans les autres pays de l’UEMOA», a-t-il relevé.

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